Maman
Maman.
La pauvre a eu une hémorragie cérébrale à l'âge de 68 ans et n'est morte que 9 ans après. Hémiplégique et devenue dyslexique (elle ne savait même plus faire un numéro de tel) elle est restée couchée ou assise dans son fauteuil pendant tout ce temps. Un véritable calvaire pour papa qui a tout essayé pour l'aider à remarcher. Quand ça s'améliorait il y avait à nouveau de petites hémorragies et son état se dégradait à chaque fois.
A deux reprises elle est « morte » ou en tout cas elle était passée de l'autre côté du tunnel, elle était avec tous les siens, elle était dans un cercueil, elle était heureuse ; Comme le Docteur Henrotin habitait tout près, il est chaque fois arrivé à temps pour la faire revenir. La pauvre nous disait : pourquoi vous m'avez faite revenir, j'étais si bien...Mais papa bien sur était tout content de l'avoir récupérée.
Elle s'en est finalement allée deux jours après un de mes retours. Et je pensais qu'elle s'en était allée pour du bon à l'époque où je n'étais pas consciente de la vie après la mort.
Puis à Mendoza je me suis mise à me plaindre comme elle le faisait avant son accident, de douleurs dans le crâne, derrière l'oreille. Je poussais les mêmes cris de lamentation que les siens qui nous faisaient très mal à l'époque car nous ne pouvions rien faire sinon lui faire une injection de Fortal un antalgique puissant qui la calmait.
Que me voulait-elle maman ? Bernard comme d'habitude l'a aidée en lui parlant d'une bougie, de la flamme, de la lumière vers laquelle elle devait se diriger pour qu'elle nous quitte définitivement.
Pour moi c'est la plus belle chose que j'ai faite dans ma vie : aider ma maman à enfin s'en aller en paix.
Plus tard en expliquant ce cas à une personne plus compétente que moi en la matière il lui a paru évident que nous l'avions empêchée de partir à deux reprises et que ses liens avec la terre s'en étaient renforcés.
L'enfer est pavé de bonnes intentions.
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